LE
MOULIN DE LA CAMANDOULE
Le
moulin existe, d'une façon ou d'une autre, depuis le 17ème
siècle. L'acqueduc qui conduisait les eaux de la Camandoule au
moulin a ses origines probablement du temps des romains. D'anciennes tuiles
ont été découvertes durant la construction de la
piscine. L'eau entrainait la grande roue à aube, que l'on peut
distinguer derrière la fenêtre à l'entrée du
restaurant, elle était par la suite évacuée par un
canal sous la terrasse et se jetait dans la camandre. Le mot "doule"
est un diminutif provençal : Camandoule signifie petite Camandre.
A
l'origine, cet ancien moulin faisait probablement partie de Fayence sous
la protection d'un Monsignor, qui résidait dans le village. A l'arrivée
des conquérants arabes au 16ème siècle, les habitants
se réfugièrent sur la colline où ils y construisirent
le village que l'on voit aujourd'hui : mais il est évident qu'on
ne pouvait pas déplacer un moulin.
En
1834, il fut reconstruit plus ou moins dans sa structure actuelle. La
date est gravée sur une des grandes pierres dans le salon. Ces
pierres, de même taille, étaient importées de Toscane
et utilisées dans tous les moulins, de Menton à Sète.
Le
Moulin de la Camandoule a produit de l'huile jusqu'à la mort de
son propriétaire, M. Tardieu, en 1920 ; c'était un des plus
riches propriétaires du Var. Ses soeurs - deux dames agées
- ne portaient guère d'intérêt au Moulin, et le laissèrent
tomber en désuétude.
Lorsque
M. et Mme. Jean-Marc Snyers l'achetèrent en 1969, c'était
presque une ruine et, pendant plusieurs années, ils travaillèrent
à le restaurer comme au temps de sa gloire ancienne, avant de l'ouvrir
comme hôtel-restaurant en 1972. Toutes les meules et les presses
- en bref toute la machinerie du 19ème siècle - sont en
place, et on dit que le moulin pourrait marcher de nouveau dans les dix
jours, si on le désirait.
Shirley
& Wolf Rilla, les actuels propriétaires depuis mars 1986, ne
l'ont pas encore essayé !
Fabrication
de l’huile et signification des noms de chambres
Les
oliviers étaient gaulés afin de faire tomber les olives
mûres qui, recueillies dans des bourras, sorte de tissus de jute,
étaient mises dans de grandes corbeilles de paille et transportées
au moulin par charrette à bœuf. Là, elles étaient
mises dans des boisseaux (afin de mesurer les olives à la molte)
appelés Tinéon et portées au dépôt qui,
aujourd’hui, est la chambre Tabatière. On peut voir deux
de ces seaux devant la chambre Ecurie, là où le meunier
gardait ses mules.
En
réalité, “Tabatière” est le nom donné
au petit canal en bois par lequel les olives arrivaient dans la grande
meule. On peut le voir dans le salon venant du plafond au dessus duquel
se trouve la chambre de ce nom, appelée autrefois houarie où
les oléiculteurs entreposaient leur récolte au fur et à
mesure et où, pendant la saison de presse de Décembre à
Février, il y avait environ trente tonnes d’olives . Ce poids
étant très conséquent, pour le supporter Mr Tardieu
eut l’idée révolutionnaire en 1900 de renforcer le
plafond avec des poutres d’acier. Il conçut cette idée
durant une visite à Paris où il admira la construction de
la nouvelle Tour de Mr Eiffel.
La
première pression à froid
Les
olives étaient broyées par la grande meule jusqu’à
ce qu’elles forment une sorte de patte (pas trop broyées
afin que la pate ne gicle pas entre les Escourtins) qui était mise
dans des corbeilles de paille appelées Escourtins. Elles étaient
donc empilées, l’une sur l’autre, sous les presses
du salon. A l’origine il y en avait quatre, dont une fut enlevée
pour laisser place à une porte.
Cette
première pression produit l’Huile Vierge qui est de la meilleure
qualité. Elle coulait le long du canal en dessous des presses et
était versée dans des seaux d’acier appelés
Estagnon, (on peut en voir un dans le salon au dessus du bar près
du tonneau en bois). Bien sûr, plus le contenu des Escourtins était
pressé, plus il y avait production d’huile; mais le meunier
astucieux, vu que la troisième presse (dont nous parlerons ci-après)
représente son bénéfice, tentait de presser le moins
possible pour conserver de l’huile pour lui-même. Le résidu
des Escourtins s’appelle le Grignon.
La
deuxième pression à chaud
Les
Escourtins étaient par la suite vidés et nettoyés
de leur grignons. Cette patte était alors reprise et mélangée
à de l’eau chaude pour faire éclater les cellules
d’huile qui n’avait pas été brisées lors
du premier broyage. S’en suivait le même procédé
de pression jusqu’à ce que l’huile remonte à
la surface, elle était alors adroitement recueillie au moyen d’
un plat d’acier peu profond muni d’une d’une longue
tige appelée une feuille (vous pouvez en voir une suspendue contre
le mur du salon). Le résultat de cette seconde pression donnait
toujours une huile de très bonne qualité.
Tout
cela représentait un dur travail à cause de la chaleur ambiante;
durant l’heure du déjeuner, les travailleurs affamés
trempaient leur pain grillé dans une poêle employée
pour chauffer et égoutter l’huile. On appelait cela un Casseton,
et la fourchette en bois avec laquelle le pain était grillé
une Roustide.
La
troisième opération appelée Ressance
Elle
consistait à laver les grignons dans le deuxième moulin
qui se trouve dans le restaurant d’aujourd’hui.. On y lavait
les résidus avec une grande fourchette appelée Rabaillot
jusqu’à ce que les noyaux descendent par un petit canal vers
la présente cuisine. Finalement, les peaux étaient mises
dans des nouveaux Escourtins et pressées une dernière fois,
tout le jus allait ensuite dans les Infers (cave qui consistait à
recueillir l’huile en surface des bassins) produisant l’huile
qui constituait le bénéfice du meunier.
Les
derniers restes étaient déposés dans des barriques
en bois à deux anses appelés Brouquet et envoyés
à Marseille pour devenir le célèbre “Savon
de Marseille”.
PAYS
DE FAYENCE
Fayence,
entouré de villages perchés à flanc de colline, se
trouve à 20 km de Grasse, 30 km de Cannes et 50 km de Nice. Les
plages les plus proches (Fréjus, Saint Raphaël, Théoule)
sont à 20 km. Il faut visiter les merveilleuses Gorges du Verdon,
situées au Nord Ouest, dans l'arrière pays à trois-quarts
d'heures de voiture. Elles s'étendent sur 21 km de longueur avec
un des plus beau site du monde, dit le Grand Canyon d'Europe. A 5 km de
Fayence se trouve le lac de Saint Cassien, réputé pour ses
sports nautiques et la clarté de ses eaux et à 20 km se
trouve Grasse, célèbre pour ses parfumeries de Molinard
et Galimard.

Pour
tout renseignement supplémentaire, visitez le site
de la Ville de Fayence |