Fabrication de l’huile et signification des noms de chambres

Les oliviers étaient gaulés afin de faire tomber les olives mûres qui, recueillies dans des bourras (sorte de tissus de jute), étaient mises dans de grandes corbeilles de paille et transportées au moulin par charrettes à bœufs.

Là, elles étaient mises dans des boisseaux (afin de mesurer les olives à la molte) appelés Tinéon, puis portées à la houarie qui, aujourd’hui, est la chambre Tabatière. La tabatière est un trou où l’on mettait toutes les olives au fur et à mesure de la récolte, afin de ne pas en perdre une ; Pendant la saison de la presse, de décembre à février, cela représentait environ trente tonnes d’olives. Ce poids étant très conséquent, pour le supporter, l’un des meuniers eut l’idée révolutionnaire en 1900 de renforcer le plafond avec des poutres d’acier. Il conçut cette idée durant une visite à Paris où il admira la construction de la nouvelle Tour de Mr Eiffel.

La première pression à froid : les olives étaient broyées par la grande meule (mais pas trop pour ne pas gicler entre les escourtins – corbeilles de paille) jusqu’à ce qu’elles forment une sorte de pâte. Elles étaient empilées, les unes sur les autres, sous les presses du salon. A l’origine il y en avait quatre, dont une fut enlevée pour laisser place à une porte. Cette technique de première pression à froid permet encore aujourd’hui de produire l’huile vierge, cette huile de meilleure qualité.

Elle coulait le long du canal en dessous des presses et était versée dans des seaux d’acier appelés Estagnon, (on peut en voir un dans le salon, juste au-dessus du bar près du tonneau en bois). Bien sûr, plus le contenu des escourtins était pressé, plus il y avait production d’huile. Cependant le meunier astucieux tentait de presser le moins possible pour conserver de l’huile pour lui-même, puisque la troisième presse représentait son propre bénéfice. Le résidu des escourtins s’appelle le grignon.

Elle coulait le long du canal en dessous des presses et était versée dans des seaux d’acier appelés Estagnon, (on peut en voir un dans le salon, juste au-dessus du bar près du tonneau en bois). Bien sûr, plus le contenu des escourtins était pressé, plus il y avait production d’huile. Cependant le meunier astucieux tentait de presser le moins possible pour conserver de l’huile pour lui-même, puisque la troisième presse représentait son propre bénéfice. Le résidu des escourtins s’appelle le grignon.

Les travailleurs réalisaient ce dur labeur dans une chaleur ambiante. A l’heure du déjeuner, affamés, ils trempaient leur pain grillé dans une poêle employée pour chauffer et égoutter l’huile. On appelait cela un casseton. La fourchette en bois avec laquelle le pain était grillé était appelée une Roustide.

La Recense : cette troisième opération consistait à laver les grignons dans le deuxième moulin (qui se trouve dans le restaurant d’aujourd’hui) avec une grande fourchette appelée Rabaillot, jusqu’à ce que les noyaux descendent par un petit canal vers la présente cuisine. Finalement, les peaux étaient mises dans des nouveaux escourtins et pressées une dernière fois.

Tout le jus allait ensuite dans les Infers, des jarres qui servaient à recueillir l’huile en surface. Ce processus permettait de produire l’huile qui constituait le bénéfice du meunier.

Les derniers restes étaient déposés dans des barriques en bois à deux anses appelés Brouquet, puis envoyés à Marseille pour devenir le célèbre “Savon de Marseille”.